Stage de thérapie cranio-sacrée: Témoignage !

mai 24th, 2012

Ecouter, suivre, permettre…

la thérapie cranio-sacrée: Témoignage !

J’ai participé au stage de « Thérapie cranio-sacrée » avec Rosemary Wallace. Ce fut une très riche et profonde expérience qui a affiné mon écoute et mon toucher, quelque soient les techniques que j’utilise.

En effet, Rosemary nous a transmis bien plus un savoir-être qu’un savoir-faire (même s’il s’agit d’un savoir-être orienté vers un savoir-faire): bien plus qu’une formation technique, ce fût une expérience de vie que nous avons pu vivre durant ces quatre journées. 

L’un des membres du Réseau BilobaOlivier Pilette, nous parle de son ressenti après le stage de Thérapie Cranio-Sacrée avec Rosemary Wallace. Un moment intense et profond à la fois. Compte rendu publié sur le site de l’Ecole Européenne de Massage (EEM).


Durant quatre jours, Rosemary Wallace nous a initiés à la thérapie cranio-sacrée et à la thérapie des fascias. Si le stage m’a paru riche et intense, c’est moins par la quantité d’informations que par la profondeur de l’enseignement, qui dépasse largement le cadre strict des thérapies concernées.

Son enseignement est précis et rigoureux, subtilement accompagné d’illustrations aussi éloquentes que cocasses, mais ce qui m’a le plus séduit se situe ailleurs. Rosemary, dont la présence malicieuse est un doux mélange de profondeur et de simplicité, partage plus qu’elle n’enseigne; pesant chacun de ses mots, dans un rythme presque hypnotisant, jalonné de silences qu’elle distille savamment, elle nous conte son parcours, à grand renfort d’histoires et d’anecdotes, nous rappelant régulièrement qu’être « facilitateur » (terme qu’elle préfère à « thérapeute ») relève davantage d’une qualité d’être et de présence à l’autre, que de la maîtrise d’une technique thérapeutique.

Et c’est bien là toute la profondeur de sa démarche.

formation thérapie-cranio-sacrée

Au-delà de l’apprentissage de la technique, son approche vise surtout à explorer la relation si singulière qui réunit le praticien et son patient. Loin de la volonté de toute puissance des thérapeutes modernes et de leur ambition de « guérir », Rosemary remet en question le « rôle » du praticien dans le processus qui mènera le patient vers la santé.

Ayant renoncé à toute « ambition », à tout projet pour ses patients, elle nous invite à délaisser le statut, le rôle de thérapeute, pourtant si confortable pour notre ego!

Exit notre étendard de guérisseurs? Mais alors, que nous reste-t-il?

L’essentiel, sans doute, qu’elle résume en quelques mots: elle les répète inlassablement, tels un leitmotiv, un mantra qu’elle nous invite à imprimer dans le fond de notre conscience, afin qu’il puisse nous guider dans notre pratique tant il éblouit d’évidence:

Il s’agit d’offrir à la personne une écoute, une disponibilité, une présence non jugeante, qui autorise le corps à se manifester et procure un environnement propice au changement. On comprend mieux le terme de « facilitateur », si cher à Rosemary!

Et la technique d’être un support, un soutien à cette écoute, une manière d’encourager le corps à s’exprimer dans sa globalité, dans son unité. Il ne s’agit donc pas de soigner, au sens où nous l’entendons habituellement, c’est-à-dire intervenir dans le but de « guérir », mais bien d’écouter, d’accepter, de suivre et permettre à la personne de contacter les ressources internes, le savoir inné du corps qui lui permettront de recouvrer la santé.

Si Rosemary souligne volontiers le pouvoir de l’intention, il ne s’agit jamais de l’intention de provoquer un changement, mais bien de le permettre. La nuance est subtile mais de taille ! Derrière cette nuance, nous sentons bien que pour beaucoup d’entre nous, et moi le premier, un renoncement, un deuil reste à faire; celui d’agir pour le bien de l’autre, de le soigner, de l’aider, voire de le sauver. S’ouvrir à « l’agir dans le non-agir » comme diraient les bouddhistes, et ne rien chercher d’autre qu’à laisser faire.

Et ce deuil n’est pas si simple puisqu’il exige que nous nous posions continuellement cette question si vaste, si simple et si déroutante: « qui suis-je donc pour recevoir une personne en difficulté et prétendre pouvoir l’accompagner? »…

Nulle autre réponse, bien sûr, que de demeurer dans la question et d’avancer, d’avancer, puisque la vie – dirait Rosemary- n’est que mouvement!

 

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