Le massage et le toucher contre les effets indésirables de la chimiothérapie

décembre 21st, 2012

Continuant la présentation des effets du massage et du toucher en oncologie voici un article de Lucie Dumoulin publié en 2002 sur passeportsanté.net. d’après la présentation de Janice Post-White, « Massothérapie et toucher thérapeutique dans le traitement du cancer », donnée au 1er congrès international sur la science du toucher, à Montréal, le 18 mai 2002.

Cet article « Le massage et Le toucher thérapeutique contre les effets indésirables de la chimiothérapie » se base sur les résultats d’une recherche réalisée aux États-Unis visant à vérifier si ces deux techniques, le massage et le toucher thérapeutique, étaient plus efficaces qu’une simple présence réconfortante, sans contact physique.

Le massage et

Le toucher thérapeutique

Contre les effets indésirables

De la chimiothérapie

C’est dans le contexte conservateur d’un hôpital du Minnesota où le massage est encore perçu comme une fantaisie tout au plus inoffensive que Janice Post-White 1 a mis sur pied une recherche pour déterminer les effets du massage et du toucher thérapeutique sur la douleur, les nausées, la fatigue et l’anxiété des personnes recevant des traitements de chimiothérapie pour un cancer. Il était question de vérifier si ces deux techniques étaient plus efficaces qu’une simple présence réconfortante, sans contact physique.

 Note:

1. Madame Janice Post-White, Ph.D., est professeure associée à l’Université du Minnesota et professeure de nursing en oncologie à l’American Cancer Society.

Pour cette étude, 230 patients recevant des cycles répétitifs et identiques de chimiothérapies ont été recrutés et 164 ont terminé l’étude. La moitié des patients étaient placés de façon aléatoire dans un des trois contextes d’intervention pendant 45 minutes, une fois par semaine : massage, toucher thérapeutique ou simple présence du thérapeute. Au bout de quatre semaines, l’autre groupe de patients était soumis aléatoirement à l’une des trois interventions, tandis que les premiers « soignés » devenaient le groupe contrôle.

L’étude a révélé que le soin de type « présence » n’avait pas d’impact significatif sur aucun des quatre symptômes ; d’ailleurs, plusieurs des patients qu’on avait assignés à cette approche ont abandonné la recherche en cours de route. Selon des grilles d’observation précises, le niveau de douleur et de fatigue a été réduit tant par le massage que par le toucher thérapeutique, mais à court terme seulement. Toutefois, seuls les bénéficiaires du massage ont pu réduire leur consommation de médicaments antidouleur. Mais on n’a pas observé de réduction significative des nausées, bien que certains patients aient révélé prendre moins d’antiémétiques après leur soin. À ce sujet, la chercheure fait remarquer que ces symptômes n’étaient pas très marqués au départ et qu’une réduction minime aurait pu difficilement être mesurée. L’anxiété ne semble pas non plus avoir diminué de manière appréciable.

Il semble évident qu’une intervention aussi légère ne peut pas donner de bénéfices marqués à moyen ou long terme. Pourquoi, alors, une seule session de soin par semaine? Principalement parce qu’il était difficile pour une population habitant un large territoire de se présenter plus d’une fois à l’hôpital. Quant aux 45 minutes, c’était la durée maximale que les chercheurs avaient déterminé être tolérable par des gens non habitués à un tel contact intime. « Un seul soin par semaine n’est peut-être pas optimal mais, dans le contexte, c’est ce qui était praticable », reconnaît la chercheure.

Les données de recherche ne démontrent donc pas clairement les bienfaits à moyen et long terme d’une intervention limitée avec le massage et le toucher thérapeutique pour cette population, mais les témoignages des sujets donnent un autre portrait. En effet, la majorité d’entre eux ont parlé d’une amélioration de leur condition pour des périodes de deux à trois jours après l’intervention et ont communiqué leur satisfaction à leur oncologue, exprimant le souhait que ces soins leur soient encore accessibles.

Les massages administrés étaient doux – à cause de l’hypersensibilité de la clientèle – et une grande portion du temps était affectée au massage du visage et de la tête, généralement la région du corps la moins douloureuse chez les personnes sous chimiothérapie. Une même musique relaxante était jouée lors de chacune des trois interventions.

Lucie Dumoulin – 24 mai 2002 – www.PasseportSanté.net

 

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